Perles d'Afrique

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Hommage à une femme

« Si une mère était capable d’abandonner son enfant, et bien moi je ne t’abandonnerai pas » dit le Seigneur.

 

Maintenant, j’approche d’encore un peu plus prés ce grand amour de Dieu pour nous.

Certains, certaines,  d’entre vous aurons eu connaissance de la mésaventure du jeune A. 13 ans. Il fut mis abusivement en garde à vue, retenu une nuit dans une cellule d’un commissariat de police avec d’autres personnes. Très vite, il est vrai, un juge a statué sur son cas et l’a fait sortir, cependant sans le remettre à ses parents. Il fut conduit directement dans un centre pour jeunes délinquants et/ou enfants sans parents. Cette mesure prise, selon la Juge, comme « protection pour l’enfant vivant dans des conditions de précarité », lesquelles conditions furent  avouées par ses mêmes parents.

Le grand tord de cet enfant finalement c’était d’avoir des parents sans papiers d’identité en règle avec l’administration du pays où ils ont choisi de vivre. A ce propos il serait bon de relire l’article 13 de la Déclaration Universelles des droits humains !*

 

Beaucoup de bonnes volontés se sont mobilisées pour rendre libérer cet enfant. Le personnel associatif, la ligue des droits Humain du pays, le HCR, et plusieurs avocat(e)s indépendants ou travaillant à ce titre pour lui. Sans doute peu d’enfants ainsi arrêtés ont eu autant de personnes importantes mobilisées à leur sujet.

Pourtant, si l’enfant est ressorti 10 jours après sont arrestation, c’est avant tout grâce au courage de sa maman. Enceinte de 8 mois et portant son petit dernier (2 ans) dans les bras, dès le premier jour elle s’est rendue au commissariat pour réclamer son fils. « Vous n’avez aucune pièce d’identité Madame, vous risquez seulement qu’on vous arrête et qu’on vous jette en prison » « Ce n’est pas grave, rendez moi mon enfant ! » Et elle, d’attendre, fatiguée, en vain. L’enfant passera la nuit en garde à vue.

Le lendemain, elle revient. Même discours : « si vous insistez  on vous met en prison ! » « Pas grave, rendez moi mon enfant ! » Elle ne pourra même pas le voir. Pendant ce temps le mari fuit la police dans le quartier où ils ont indiqué qu’ils vivaient : grande panique dans les carcasses de maison. Heureusement il a pu fuir, d’autres se sont fait arrêter. Ils seront surement reconduits à la frontière, en plein désert.

Et puis l’enfant est conduit devant la Juge qui prend sa mesure de protection. Le petit  A. se retrouve, seul africain subsaharien, seul chrétien, dans le centre d’accueil pour mineurs. Sa maman désormais attend pour rien. L’enfant n’est plus là.

Une avocate qui a connu la famille obtient du juge le droit de visite de la mère chaque jour. La juge a été mise devant un vice de procédure : l’enfant fut conduit dans un centre de dépistage du VIH, sans accord des parents. Heureusement, le personnel médical, avisé et consciencieux (si, si ça existe !) a refusé d’effectuer le prélèvement.

Normalement les parents ne sont  autorisés à voir leurs enfants que le samedi.

Mais le centre est loin. Le troisième jour seulement, A. revoit sa maman qui vient de faire un long trajet avec son petit frère.

Chaque jour la maman va se rendre au tribunal d’abord convoquée pour présence illégale dans le pays, puis comme plaignante, réclamant son enfant….Sa ténacité, ses paroles, sa présence en continue émeuvent et le juge (un autre !) et l’avocat commis d’office. Un vrai dialogue s’instaure entre elle et les magistrats. L’avocat apostrophe la maman devant les personnes présentes en montrant le petit garçon qu’elle tient sur ses genoux : « où est né votre garçon ? » « En Algérie » « Donc il est algérien ! » « Où va naitre celui que vous portez ? » « Ici, en Algérie » « Donc il est algérien ! Allons nous renvoyer des enfants nés en Algérie ?» Bien sur légalement cela n’a pas de fondement, mais coté cœur…

Finalement au bout de 8 jours de procédure, A. est redonné à sa maman qui parle du juge avec beaucoup d’admiration. La joie se lit presque dans son visage. La joie d’une mère d’abord, une mère qui a retrouvé, à force d’insistance et d’espérance, un enfant. La joie d’une femme ensuite, une femme à qui l’on a témoigné du respect, de la compassion, de la compréhension.

 

Alors je sais qu’une femme, avant d’abandonner son enfant, risquera tout ce qu’elle a, jusqu’à sa liberté, jusqu’à sa vie. Dans son amour pour celui qu’elle a porté neuf mois, elle trouve d’inépuisables ressources !

Et Dieu nous aime encore d’avantage….

*Article 13

1. Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l'intérieur d'un Etat.
2. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays.

 



15/04/2010
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