Perles d'Afrique

Perles d'Afrique

Rencontre du 9 octobre

 

Laurence

 

Rencontre du 9 octobre 2020

Mes petites foulées me conduisent sur les rives du canal de Jouy. Les chauves-souris viennent de rejoindre leurs abris. Mésanges, moineaux, et autre Martin-Pêcheur dorment bien au chaud dans leur nid, ouvrant un œil timide. Quelques poules d’eau picorent déjà les allées.

Je passe dans un tunnel de feuilles vertes et rouilles.

Mes pas glissent de temps à autre sur des billes de marronniers. Le parfum d’une terre mouillée par les dernières pluies nourrit avantageusement mes narines. Je goûte l’absence de masque !

Aux deux tiers de mon parcours hebdomadaire, un énorme oiseau s’élance devant moi. Il déploie ses longues ailes grises d’un côté à l’autre du chemin. Il ne parvient pas à prendre de l’altitude. Craint-il que je le rejoigne ? Il s’engouffre dans une ouverture ménagée dans la haie du côté des eaux. Majestueux dans son vol, il amorce la montée.

Incapable de s’élever, il revient vers la rive.

A ce moment, une boule de feu qui étire ses bras au-dessus d’une couette nuageuse nous surprend. Eblouissement matinal, nos yeux, pas encore habitués à la clarté du jour, émettent quelques protestations humides.

Piquée au vif la boule disparait sous son toit de grisaille en nous envoyant semble-t-il quelques-unes de ses larmes.

Je trouve aussi qu’elle exagère, un peu trop sensible à nos clignements.

L’oiseau débouche à nouveau sur le chemin, toujours en perte d’altitude, et de plus en plus proche. Vient-il me défier à la course ? Pauvre, nous ne courons pas dans la même catégorie ! Je n’oserai me mesurer à toi ! Je ralentis. Je m’incline devant son territoire !

Pourtant, je me rapproche. A quoi joue l’animal ? son envergure impressionne, et j’avoue par avance ma défaite. Qu’attend-il de plus ?

Il ne s’élève pas davantage, et se pose même au bord de l’eau. Je vais le dépasser. La victoire me semble trop facile. Quatre mètres, tout au plus, nous séparent. Pas de triomphe hâtif.

Mes yeux s’ouvrent.

Au travers de son bec, un énorme poisson ventru, freine ses performances aériennes.

Le héron s’élance à nouveau, vire à gauche et redessine sa trajectoire vers l’arrière. Il me laisse passer.

 

Je n’aurai pas de poisson au petit déjeuner…

 

Laurence



09/10/2020
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