Perles d'Afrique

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sommet france afrique sur la paix et la sécurité

Sommet France-Afrique Sur La Paix Et La Sécurité: L’illusion De Puissance A L’épreuve De Nouvelles Réalités Africaines

Par Roger Armand Biloa - 23/12/2013

Par Roger Armand Biloa

 

Du 06 au 07 décembre 2013, s’est tenu au Palais de l’ Elysée à Paris, sur convocation du Président français François Hollande un Sommet pour dit-il «trouver des solutions aux crises et conflits armés dont l’Afrique est le théâtre, et mettre sur pied des mécanismes pour en prévenir que d’autres n’y surviennent plus tard». Ce Sommet auquel des dizaines de Chefs d’Etat et de Gouvernement africains avaient pris part, était précédé le 05 décembre d’un "FORUM ECONOMIQUE ET D’AFFAIRES FRANCO-AFRICAIN". Plus d’une semaine après cette rencontre en terre française, Le SPHINX HEBDO, désormais votre journal de référence d’analyse et de décryptage de l’actualité internationale, grâce à ses réseaux, est en mesure de vous révéler les mécanismes et les motivations qui ont prévalu et présidé à la convocation de ce Sommet. Une rencontre qui ressemble et rappelle les autres Conférences coloniales convoquées dans le temps par la France dès qu’elle est confrontée à des difficultés économiques, financières, sociales et même militaires. A l’exemple de la Conférence Coloniale de 1917 convoquée par le Ministre des colonies Maginot une année avant la fin de la Ière guerre mondiale(1914-1918).A l’ouverture de cette dernière MAGINOT avait déclaré «j’ai jugé urgent qu’il convient de procéder sans retard à l’inventaire des richesses naturelles directement exploitables dans nos possessions d’Outre-mer ;dans un délai très court ;afin de faire face à l’alimentation chaque jour plus difficile de la population française». Ou encore la Conférence de 1934 convoquée par le Ministre des colonies Louis Rollin sous le thème «Grande Crise (1929-1930) et la Conférence économique de la France Métropolitaine et d’Outre-mer : décembre 1934-avril 1935».L’objectif visé par la France étant de chercher les débouchés pour écouler le surplus de sa production industrielle. Ou enfin (l’énumération de ces Conférences coloniales n’est pas exhaustive, loin de là) la fameuse Conférence Africaine Française de Brazzaville (30janvier-06 février 1944). Tout un programme. Une rencontre internationale au cours de laquelle le Général de Gaulle et son Ministre de colonies René Pleven ont mis en place les stratégies de mise en tutelle de l’Afrique et dont les mécanismes continuent d’étouffer jusqu’à ces jours tout effort de développement et d’émergence du continent noir .Comme le précise le grand spécialiste de l’Histoire coloniale française le Pr Laurent Gbagbo « la Conférence de Brazzaville constitue une étape majeure sur le long chemin de la mise en dépendance de l’Afrique. En 1944, la France a derrière elle, quatre années d’une guerre particulièrement meurtrière. Depuis 1940, une partie de son territoire est occupé. La 3ème République s’est effondrée. La France est militairement vaincue, politiquement soumise et économiquement anéantie. Sur l’échiquier international elle fait figure d’une grande malade, rongée par le doute et le désespoir » C’est dans un contexte et environnement similaires qu’il faut situer et placer le Sommet de l’Elysée sur la Paix et la Sécurité en Afrique du 06 au 07 décembre 2013.A cette donnée déterminante, il faut ajouter que le Président Hollande au plus bas dans les sondages ,battant les records d’impopularité, et face à une situation qui semble désormais lui échapper, ne sachant plus où mettre la tête est en panne d’initiatives. Aussi légalise t-il l’homosexualité (une abominable et infâme pratique) pour pénaliser la prostitution. Quelle géniale découverte ! Ce Sommet constitue donc pour ce « Socialiste Chef de guerre » une tribune inespérée devant un aréopage qui lui fait croire que la France reste une grande Puissance. 

 

Face à la crise économique, financière, sociale et surtout éthique, c’est donc instinctivement, comme au temps de la coloniale qu’une France essoufflée et presqu’à genoux, se tourne vers l’Afrique pour convoquer « UN SOMMET POUR LA PAIX ET LA SECURITE EN AFRIQUE ».Une Conférence au cours de laquelle tout a été évoqué et traité sauf la paix et la sécurité. Et pour cause .Le problème de l’Afrique c’est la France qui pense en détenir des droits historiques, perpétuels et imprescriptibles à l’exclusion de toutes les autres Puissances ; elle estime que l’Afrique est son champ de manœuvres naturelles et sa profondeur stratégique. Le Forum économique et d’Affaires franco-africain du 05 décembre 2013 doit être perçu et analysé comme la partie que les officines et réseaux français ont bien voulu montrer à la face des Africains et au reste du monde aux fins de magnifier une France qui, en plusieurs siècles a été l’acteur majeur du déclin de l’Afrique. En réalité, ce Forum économique et d’affaires constitue l’une des principales rubriques du Rapport Védrine commandé par l’Elysée et présenté le 04 décembre 2013 au Président François Hollande et qui s’intitule « : RAPPORT VEDRINE : STRATEGIES DE RECONQUETE ET DE RETOUR DE LA FRANCE EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE ; APPROCHE METHODOLOGIQUE ET MODE OPERATOIRE ». Ce rapport a été publié par « La Lettre du Continent » (une autre officine de barbouzes françaises installée à Paris, et soutenue par les réseaux maçonniques et/ou rosicruciens qui ont des adeptes tapis dans les instances décisionnelles des Administrations en Afrique). Après le Rapport de deux Parlementaires français(les Sénateurs Jeanny Lorgeoux et Jean Marie Bockel « spécialistes de l’Afrique ») à la demande du Premier Ministre Ayrault et du Ministre des Affaires des Etrangères Laurent Fabius et présenté le 30 octobre 2013 ; Rapport dont la conclusion est : « L’AVENIR DE LA France EST EN AFRIQUE », en voilà un autre toujours sur l’Afrique et qui sort à quelques jours d’intervalle. Les Africains se doivent de prendre conscience de l’urgence de la situation et des scénarii en cours pour une Recolonisation plus formelle et brutale du continent par la France. Force est de constater qu’à l’épreuve de l’interminable crise devenue multidimensionnelle(identitaire , économique, financière ,sociale et éthique),les milieux impérialistes et politiques français sont devenus plus frileux, agressifs, hargneux, brutaux et très arrogants(observez le gestuel et les postures de M Laurent Fabius qui, comme son prédécesseur Alain Juppé rappellent ceux d’individu traqué malgré des airs de suffisance qu’il affiche),à telle enseigne que les Africains doivent s’attendre dans des prochains mois et années à des assauts répétés de leurs Etats sous forme des rébellions, de manifestations de soutien aux homosexuels au nom des droits de l’Homme et de la Démocratie à l’instar de ce que l’on observe en ce moment en Ukraine. «Les coups d’Etat démocratiques »seraient ainsi à l’étude en France contre certains pays africains dont les Dirigeants sont qualifiés de Dictateurs .Après la Côte d’Ivoire c’est le tour du Cameroun ; des plans sont à un stade avancé. Alors, que les Africains et notamment les Camerounais ne se trompent pas de cible. Qu’ils arrêtent de diaboliser leurs Dirigeants qui sont comme des animaux dans la cage des Français. Ils se battent. C’est dans ce cadre qu’il faut interpréter l’attribution de la construction du 2ème pont sur le Wouri à des entreprises françaises dont on sait qu’elles ne disposent pas de moyens aussi bien technologiques que financiers conséquents. La France a peur. Peur de se retrouver dans la situation de la Grèce, du Portugal ou même de l’Espagne. Elle y est déjà, si ce n’était pas l’Afrique dite francophone grâce aux ressources en devises déposées au Trésor français par ces Etats, la France aurait plongé bien avant les Etats cités plus haut. Aussi, la France à travers des leviers anachroniques et désuets (Francophonie, zone franc, RFI, TV5 MONDE, France 24 …) continue-t-elle d’entretenir l’illusion d’une puissance qu’elle n’a pas (ou plus) auprès des Africains. Le matraquage médiatique quotidiennement abattu par les caisses de résonance que sont : RFI, TV5, France 24 a produit un effet inverse. La majorité des Africains ne veulent plus des Français chez eux en Afrique. La destruction de la Côte d’Ivoire par la France au nom de la Démocratie alors que c’était pour le groupe Bolloré ou pour l’Association des Chocolatiers français pour le cacao ivoirien …a ouvert les yeux aux Africains. D’ou le retour en perspective de la diplomatie du gros bâton (Big stick diplomacy). La France est usée, en panne d’initiatives (hormis peut-être la trouvaille sur l’homosexualité qu’elle a récemment légalisée).Elle est rongée par un irréversible déclin, et ne compte que sur de vieilles recettes pour maintenir sa présence en Afrique .Un espace culturellement et démographiquement en pleine éclosion, avec une jeunesse avisée que du pillage des ressources et richesses africaines, découlent la prospérité et le rayonnement de la France. Au delà de la simple rhétorique elle ne pèse plus grand-chose sur la scène internationale. 

 



23/12/2013
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