Perles d'Afrique

Perles d'Afrique

un ramadhan particulier

Un Ramadhan particulier

En quoi était-ce un Ramadhan particulier.

Bien que ne partageant pas la même foi, je me suis sentie proche, plus proche du peuple algérien musulman que les autres années.

Non pas à cause de la chaleur que j’ai partagé avec eux avec cette fin caniculaire ; non pas.

Non pas en raison du vide humain qui marqua les plages dont nous profitâmes plus que d’habitude, non pas.

Ce pourrait -être la soif que je ressentais lors de mes longues marches de l’hôpital Mustapha à l’hôpital El Kettar, puis vers El Biar au siège de la Caritas pour revenir au centre ville chez nous. Impossible de boire dans la rue ostensiblement afin de ne pas provoquer ceux qui pendant 16 h jeûnaient absolument.

Contrairement aux autres années nous avons eu moins d’occasion de vivre le ftour, le repas qui rompt le jeune, avec nos amies algériennes. Ce n’est pas cela non plus qui nous rapprocha.

Oui, j’ai aussi vécu des énervements comme beaucoup d’entre les jeûneurs, du fait des tensions palpables en fin de journée.

Mais tout cela n’était pas ce qui me mettait en communion avec  ceux  et celles qui attendaient l’appel à la prière.

Nous avons aménagé nos horaires…une communauté de plus au rythme de la Oumra ! Prière plus tard et diner à l’heure de la rupture. Mais ce n’était qu’un petit pas vers eux tous !

Mais alors ?

Chaque soir (moins trois), je retrouvais mon coin de lecture. A l’heure d’Icha, j’ouvrais le Livre Saint des musulmans. La reliure verte, la douceur du papier, la beauté de l’écriture arabe m’encourageaient à vivre ce saint rendez vous avec une histoire, un peuple, des peuples, une spiritualité.

J’ai voulu suivre, à mon rythme et dans la langue de Molière, traduction faite de page en page, la lecture que j’entendais au minaret voisin, incapable de comprendre.

De jour en jour, ce rendez vous devenait humain. Avec qui étais-je en communion ? Le saurai-je un jour avec certitude. Je vivais dans la fidélité à ce rendez vous quelque chose de profond.

Je regrettais de ne pouvoir gouter la légendaire perfection du texte originel, et la musique de la langue du Prophète. Mais je m’appliquais à comprendre ce qui motivait tant de foi. Ce qui importait n’était pas tant de comprendre le texte, il eut fallu être accompagnée, mais de vivre ce moment de présence aux autres, à l’Autre. Celui que je rejoins plus aisément à travers les Evangiles et que je retrouvais dans ce texte nouveau, différent, étonnant.

Mon Ramadhan est terminé et il me reste quelques sourates, les plus courtes.

Je me sens curieusement appartenir davantage à ce lieu, à ce peuple, à ce pays, en y ayant vécu cette expérience de fidélité quotidienne. Ce mois béni va me manquer.

Saha Aïdkoum ! bonne fête à tous !



08/08/2013
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